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jeudi 6 octobre 2022

C'est la rentrée?

 


Salut.

Presque deux ans. Presque deux ans que je n’ai rien publié ici.
Je pourrais essayer de trouver des excuses, mais ça ne mènerait pas loin, ni ne servirait à grand-chose.

Du coup, merci d’être là, et de me lire pour ce (petit ?) retour.

Je vais essayer de ne pas faire trop long.
Il s’en est passé des choses en ces deux ans, et il y en a eu de la nouveauté figurines. J’aurais aimé vous faire un truc propre, bien ordonné sur ce que j’ai suivi, qui est sorti, dans un bel ordre chronologique, mais non. Je vais laisser mon envie parler. Et un peu vous solliciter sur la fin… Et à la limite, si c’est ce que vous préférez, regardez les photos, et ensuite allez direct à la fin, pour répondre à la question que je veux vous poser.

Toujours là ?
Ok, alors, quoi de neuf ?


Allez, tiens, Dracula’s America. Je sais que j’avais publié le début d’une campagne narrative que nous avions commencé de jouer, donc vous savez que j’ai accroché à mort à ce jeu d’échauffourée.
Le concept est sympa et rappelle l’excellent jeu de rôles Deadlands – dont j’étais pas mal fan et que je regrette de ne pas avoir plus pratiqué – en reprenant l’ambiance weird West de celui-ci (au passage : si vous aimez les action RPG en 3D isométrique et que vous aimez cette ambiance, je vous conseille l’énorme… Weird West de chez WolfEye Studio. Vous en aurez pour votre argent. Je ne l’ai toujours pas fini, mais parce que je fais durer exprès…) : la Guerre de Sécession s’est enlisée, Dracula a tué Lincoln et s’est fait nommer président des États-Unis à vie. C’est dans ce contexte que vous jouerez un posse de ruffians choisi parmi plusieurs factions : des vampires de la Cabale de la Main Rouge, au service du Président, ou des salopards du Culte de la Croisée des Chemins (des satanistes au service des compagnies de chemin de fer), ou une bande de natifs sur le sentier de la guerre (dont certains ont le pouvoir de se transformer en loup, en ours, ou en bison), des esclaves marrons refugiés dans le Bayou et qui pratiquent le Vaudou ou bien encore des confédérés nécromants. On retrouve tous les éléments du Old West, le fantastique en plus. Deux suppléments sont sortis, le tout est en VF. Le dernier supplément teinte même le tout d’une ambiance Cthulhu…

 

Le Wendigo. L'esprit de l'avidité.

Un Skinwalker sous sa forme humaine attaque un revenant
la Sombre Confédération.

Les Skinwalkers Cherokees. On voit les formes animales de
deux d'entre eux.

Un Seraphim, allié puissant de l'Ordre du Crépuscule.

Karl. Un Nephilim... (je pense vous proposer les règles maison pour
nouvelle faction...)

Les Répudiés du Septième de cavalerie défendent un objectif 
qu'ils ont capturé.

Les loups-garous des Répudiés s'en prennent à un ancien vampire de la 
Cabale de la Main Rouge. 

Hadley's Hope, une petite bourgade de l'Oklahoma.

Ensuite ? Burrows and Badgers. J’aime beaucoup la BD « De Capes et de Crocs », et j’ai un peu craqué en voyant les superbes figurines de chez Oathsworn Miniatures (surtout ce gros chat sauvage qu’on croirait sorti de Pinnochio), sculptées par Michael Lovejoy qui en plus, nous a gratifié d’un bon jeu d’échauffourée : l’action se situe dans un monde médiéval-fantastique très, très classique, à un détail près : les personnages qui le peuplent sont des animaux anthropomorphiques. Vous guidez une bande de soudards (ou de guerriers très propres sur eux… J’ai choisi les bandits de grand chemin, c’est plus drôle…) qui tentent de survivre. Le système est très sympa et fun (le système de campagne, comme celui de Dracula’s America, d’ailleurs, rappelle le meilleur de celui de Necromunda première édition ou Mordheim…), nous avons pu faire une petite campagne qui restera un très bon moment de jeu de figurines.

 

Le Clan McFluff.

Les Highwaybeasts de Dartmoor's Heath (Excusez Bob le furet, il était encore 
dans un état lamentable pour la photo...)

Les Highwaybeasts se préparent à défendre la tour d'un mage.

Les ruines de Cherrybrook, campement de base des malfaisants.

Puis il y eu Judge Dredd. Oui. Mon comic préféré de nouveau en figurines. Warlord Games a remis le couvert après le semi-échec de sa version précédente (reprise à Mongoose). Je n’avais pas craqué à cette sortie, je trouvais les figurines pas terribles, il n’y avait que celles des juges que je trouvais sympas. Cette fois, WG a fait les choses en grand, et a produit une gamme de figurines originales, en utilisant les règles qu’ils ont commencé de développer pour Strontium Dog (WG a racheté les droits figurines de 2000AD et a pour projet de sortir des wargames avec figurines de leurs grosses licences : Strontium Dog, Judge Dredd, et Slaine (qui est sorti il y a peu…). On pense que A.B.C. Warriors sera le suivant et que l’on verra une sortie de Rogue Trooper également…). Donc, me voilà avec un jeu basé sur Judge Dredd. Et on trouve facilement les règles solo qui sont sorties pendant le confinement… J’y ai joué en Vs aussi bien qu’en solo, et j’adore vraiment ce que Warlord en a fait. On retrouve vraiment les sensations de la BD en jeu (pour dire, au cours d’une partie, j’ai réussi à capturer Judge Death pour de bon dans une bulle de Boing… Comme dans les pages de la BD…), c’est rapide, violent, Dredd (qu’on peut jouer…) est une brute bien violente, mais pas invincible… Il y a des mutants, des civils, des perps, des véhicules, des grosses motos qui font du bruit et des lawgivers… C’est juste énorme…




Je suis la Loi!

Nero Narkos, à la tête d'un groupe de robots renégats
pour l'instant, aucun des robots que j'utilise n'est une figurine officielle,
mais la boîte de chez Warlord Games est sur l'établi...)

Un citoyen attends le Meglev calmement.

Judge Blake et la rookie Ripley.

Dredd himself affronte une fois de plus Mean Machine.

Un Mechanismo MIIa patrouille les rues du Big Meg.

Dredd sur sa Lawmaster, en patrouille.

Une table pour Judge Dredd, I am the Law, the miniature game.

Craquage presque pas voulu pour Test of Honour, et ça date tellement qu’on est passé en deuxième édition depuis (et on n’a toujours pas fini notre campagne…). Et un petit passage par Gangs of Rome qu’il faut absolument que je monte et peigne (ce jeu est juste génial…).

Impossible de retrouver les photos de notre premier scénario de Test
of Honour pour la campagne. Du coup, vous aurez droit à cette version de Oda Nobunaga.


J’aurais pu vous parler de Marvel Crisis Protocol aussi, mais j’ai choisi Judge Dredd, j’étais obligé. MCP reste un bon jeu que j’ai plaisir à pratiquer avec un de mes compères, mais je n’investirai pas de temps ni d’argent dans le jeu, le copain Loloscotch s’en occupe, et je me contenterai de profiter honteusement de son matos…

Les Avengers affrontent la Cabale dans les rues de New York. Tout le matériel est à Loloscotch.

Après de nombreux atermoiements (j’ai mis une éternité à peindre le minimum syndical pour jouer), nous avons aussi enfin pu faire notre première partie de In Her Majesty’s Name, mais directement sur la deuxième version (qui est très belle et super à jouer…).

Les Incorrigibles de Lord Curr protègent Sir Alister contre les infâmes Serviteurs de Râ.

Je finirai ce petit tour par Stargrave. À l’époque de la sortie, je suis passé à côté de Frostgrave. Par manque de temps et d’argent, j’ai laissé tomber Frostgrave : Ghost Archipelago. Pas grave, si j’aime bien l’Heroic-Fantasy, je n’en suis pas un fan hardcore. Par contre, la version SF du système me parlait fort dans la tête. J’ai craqué et c’est bon. Qu’est-ce qu’on pourrait ne pas aimer dans un système qui vous permet de jouer dans un univers SF, avec à peu près n’importe quelle figurine qu’on aime ? Deux équipages de dix figurines chacun, et hop, on y va. C’est bien sandbox comme il faut. Peut-être un peu trop gourmand en décors (surtout des décors spécifiques à UN scénario) et en figurines « PNJ » (le jeu implique au moins deux équipages adverses, mais on peut monter plus haut. Viennent s’ajouter des sortes de « monstres errants » poppés aléatoirement pendant la partie, mais également des monstres ou des « Pirates » qui font partie intégrante des scénarii…), mais le fun est là.

L'équipage du Luna's Wolf, des contrebandiers (oui, 
je me suis basé sur mes équipages de Rogue Stars...)

La patrouille de l'Eagle Security Force.



On pourrait ajouter là-dessus plusieurs essais de pas mal de trucs que je n’ai pas achetés, mais essayés avec un de mes compères (Harry Potter… Si, si, c’est pas mal du tout… Cthulhu Death May Die... Presque aussi bon et plus beau que Les Demeures de l’épouvante, les Demeures conserve juste une ambiance d’enfer qui se perd un peu, j’ai trouvé, sur CMD, ne laissant qu’un arrière-goût très prononcé de « simple » jeu de plateau… ).

La presque mauvaise nouvelle, c’est que j’ai mis Malifaux de côté de façon temporaire. Je sais que je ne vais pas me faire d’amis avec ça, mais cette V3 m’a laissé sur le côté de la route. J’y reviendrai – peut-être, faut qu’on en parle – dans un prochain article, mais j’avoue que la V3 m’a plutôt refroidi qu’emballé…

 

Bon, nous voilà presque au bout de ce que j’avais en stock.
Maintenant, j’aimerais qu’on parle.





Ouais, genre, sérieusement. Fut une époque où je m’amusais bien avec ce blog, et j’avais Malifaux à porter sur le devant de la scène figu française. Sauf que je me pose des questions sur le blog, justement. Je n’ai jamais vraiment écrit mes articles pour qu’ils soient lus dans le monde entier, ni pour faire carrière, vraiment. D’après une connaissance sur Facebook, un blog n’est fait que pour flatter l’égo de son auteur parce qu’il n’y a pratiquement que lui qui lit ses propres publications. Et du coup, au vu des statistiques de fréquentation, j’en suis venu à me poser la question de savoir si j’allais poursuivre ou si j’allais en rester là. Je ne pense pas fermer le blog, ça me gênerait de zapper tant de boulot. Mais est-ce que ça vaut vraiment le coup de le continuer ? J’ai en projet des articles sur les jeux dont je vous ai parlé plus haut, sous forme de récits de campagnes narratives, comme je l’ai déjà fait, mais en poussant l’expérience vraiment jusqu’au bout et en jouant la campagne de façon « intensive » (on se fixe un rythme de jeu, et on s’y tient. Et en plus, je m’investis au max pour que tout soit le plus cool possible dans la limite de mes moyens de temps et de place : les figurines, les décors, etc.).
J’ai aussi des projets (déjà quasi-concrétisés…) d’aides de jeu (nouvelles règles, add-ons, nouvelles factions…) et de scénarii à publier. J’espère aussi pouvoir retourner au Salute et à Octogones (bon… Il y a peu de chances pour cette année 2022), et j’ai vraiment envie de vous faire de nouveau des reportages sur ces fabuleuses manifs…
Pendant un temps, j’ai même pensé à un projet de chaîne YT, avec le blog en soutien pour fournir une partie du contenu (par exemple, des recettes de peinture… Je suis loin d’être un bon peintre, mais je pense pouvoir aider des joueurs à avoir un rendu correct sur de la peinture via des tutos simples et directs…).

Le souci, c’est le peu de retour que j’ai eu au long des années. Les stats ont été au mieux très moyennes et les commentaires peu nombreux.
Et je me pose la question : lisez-vous tout ? Une partie ? Ne regardez-vous que les photos ? J’ai fait des versions anglaises parfois, est-ce qu’elles valaient le coup, ou comme me l’a fait remarquer un membre Fb à un moment, les traducteurs online suffisent-ils bien (d’ailleurs, si vous lisez cet article via un traducteur, qu’en pensez-vous ?) ?
En gros : je continue ou pas ? Ce n’est pas l’envie qui me manque, c’est le moral et la motivation. C’est bien joli de publier (et je m’en serais contenté à une époque…) pour une personne ou deux, en fonction du jeu. Je sais que je pourrais faire peut-être plus racoleur dans les sujets et dans les jeux abordés, mais je le répète : le but n’est pas de « faire du chiffre ». Je veux savoir si je suis lu, et si ce que vous lisez vous plait. Je ne me remettrai pas à 40k juste pur vous faire revenir, ni ne vous proposerai de conseils tactiques ou des listes d’armées. Vos devriez savoir depuis le temps que c’est loin d’être le genre de la maison…

Alors ? On continue ? De la figurine ? Des scénarii ? Des aides de jeu ? Des campagnes ? Des reportages ? Ou juste quelques photos de parties de temps en temps ? Est-ce qu’au moins ces photos valent le coup ?

Voilà. J’aimerais VOUS lire.  Je ne cherche pas la flagellation, hein, j’aimerais VOUS lire. Savoir si je poste pour MON plaisir unique, et j’arrête, parce que ça n’ira jamais bien loin, ou si VOUS en retirez quelque chose, et que je peux continuer. Dites-moi ça dans les commentaires.

 

Allez, plein de réussites critiques sur vos dés !




lundi 30 octobre 2017

Rogue Stars. Skirmish Wargaming in a Science Fiction Underworld.

En décembre dernier, Osprey Games publiait un nouveau jeu de figurines dans sa collection Wargames. A quoi a-t-on à faire?



"Voulez-vous en savoir plus?"

Comme le sous-titre l'indique, Rogue Stars est un wargame de science-fiction. Il s'agit plus précisément d'un jeu d'escarmouche, on aura donc pas particulièrement besoin d'un gros nombre de figurines. Le jeu indique entre quatre et six figurines par joueurs (qui, a priori seront au nombre de deux...) et une surface de trois pieds par trois pieds (90cm par 90cm). Apparemment, rien n'interdit une surface plus grande, mais après quelques parties, nous nous sommes rendus compte que cette taille est bien suffisante... 
L'échelle utilisée est double: 28mm ou 15mm, au choix. Le système de conversion est simple : vous utilisez les données (portées, mouvements, etc.) proposées en pouces si vous jouez en 28mm. Si vous préférez le 15mm, vous utilisez les mêmes données, mais les mesures se font désormais en centimètres. Choix malin qui permet d'utiliser la gamme de figurines que vous avez déjà. Personnellement, je préfère le 28mm, mais de nombreux fabricants proposent de belles gammes SF en 15mm, et le gain de place est énorme.

Une table de Rogue Stars en 15mm par mon ami Dimitri



 A noter que NorthStar Military Figures propose une petite gamme de figurines 28mm ma foi fort sympathique. Le style est plutôt English Old School -- on pense aux références de chez Copplestone ou Artizan. Je cite ces marques à dessin, car les photos du livret utilisent les dites figurines... C'est du vrai 28mm comme on en trouve beaucoup au Royaume de Sa Majesté Elizabeth II -- on aime ou pas (personnellement, je suis très fan, ça me rappelle mes années Biactol/Ral Partha...), mais ça n'est absolument pas un problème, puisque Rogue Stars vous propose en fait un système et pas un environnement de jeu complet. On devine que l'auteur a prévu un background, mais il ne publie rien à ce propos.

L'équipage du Blue Mantis, de sales pirates! (North Star Military Figures)

Une escouade de la Golden Eagle Security Enforcement Corporation (NSMF)

"Multipass?"

Du coup, cette position vous permet de jouer dans l'univers dont vous avez envie... Vous êtes fan de la super série mort-née "Firefly"? Hop! On joue l'équipage du Serenity! Vous adorez les sabres lasers et les seigneurs Siths? Devenez un Jedi! Vous voulez refaire les combats du lieutenant Mandella? Allons affronter les Taurans! Vous préférez peut-être rencontrer les Gardiens de la Galaxie sur Knowhere? Vous savez ce qui vous reste à faire...
Le livret de 64 pages -- la norme, chez Osprey Wargames... La maquette (minimaliste) est identique à In Her Majesty's Name, A Fistfull of Kung-fu ou The Men Who Would Be Kings, entre autres -- vous propose tout l'équipement, du couteau au sabre laser en passant par les griffes ou la vibro-lame, du shuriken au blaster lourd en passant par le fusil laser ou le pistolet à aiguilles...





On vous propose également une ribambelle de talents, de décors, de pouvoirs psy, d'implants cybernétiques ou d'accessoires divers pour vous permettre de simuler vos personnages et vos environnements préférés. Je pense sincèrement que vous pouvez même vous lancez sur à peu près n'importe quel type de science fiction qui a votre préférence. Pour rester dans le name-dropping, je ne vois aucun problème pour adapter Blade Runner, Mad Max, Predator ou Terminator...  Pour aller jusqu'au bout, si vous n'avez pas la patience d'attendre la résurrection de Necromunda chez GW (ou que vous choisissiez de na pas engraisser le Gros Wautour de Lenton...), je suis persuadé que vous pouvez ressortir vos vielles figurines et utiliser Rogue Stars pour avoir des règles plus modernes !
Ce parti pris est toujours renforcé par la gamme de figurines officielle mentionnée plus haut : si quelques unes sont reliées à des personnages précis décris dans le livret, aucune n'est vraiment nommée, et vous pouvez les utiliser selon votre préférence. Et vous pouvez les mélanger à celles d'autres gammes, voire ne pas les utiliser du tout...
Vous créez vous-même votre bande/escouade en choisissant une orientation (Chasseurs de primes, Adorateurs, Cyborgs, Mercenaires, Marchants, Milice, Mineurs, Pirates, Psioniques, Police des étoiles), une capacité de groupe, les talents et équipements de chacun des membres de votre groupe, et on se lance. 

"Passe-moi l'hydro compresseur!"

Et alors, ce système? Les habitués du wargame avec figurines se sentiront en terrain familier, la mécanique étant très proche du célèbre Song of Blade and Heroes. Normal, me direz-vous, puisque Rogue Stars est l'oeuvre d'Andrea Sfiligoi, l'auteur de SoBaH... L'auteur a choisi de reprendre en partie son système, mais en changeant certains aspects. Ici, on utilise des D20. Une fois les bandes crées, on tire une mission (il y en a vingt), un environnement (encore vingt) et une complication (toujours vingt... Soit au total une permutation de huit mille possibilités... Impressionnant, non?) et on vous encourage à lier le tout en une histoire cohérente pour avoir une petite narration.



On tire l'initiative, on se déploie, et on entame les hostilités. Le joueur qui a l'initiative choisit une de ses figurines et choisit le nombre de dés à vingt faces qu'il souhaite lancer, entre un et trois. Chaque succès (sur un huit ou plus) lui permet de faire une action, chaque échec permet à son adversaire de lancer autant de D20 pour l'une de ses figurines. Chaque 10 ou plus lui permet d'accomplir une réaction avant l'action de la figurine active. On notera que chaque action ou réaction entraîne un pion de stress, chaque pion de stress causant un malus de -1 au jet d'action ou de réaction. Plus vous faites de choses, plus l'action ou la réaction devient difficile.


Le capitaine du Blue Mantis commence à en baver. Deux pions de stress (en jaune),
deux pions d'impact (en noir) et une blessure (en rouge). Les malus s'accumulent!

 Le joueur qui n'a pas l'initiative peut, au lieu de faire réagir une de ses figurines, tenter de prendre l'initiative sur un jet de 16 ou plus, le total des pions de stress de l'équipe active faisant descendre ce nombre de un. Si votre escouade a dix pions de stress au total, votre adversaire peut vous ravir l'initiative sur un 6... Quand on perd l'initiative (ou qu'on la cède volontairement), on retire tous les marqueurs de stress de son équipe et on passe la main... L'action est donc présente, le rythme assez nerveux et le suspens est là. Il va falloir choisir vos actions et l'ordre dans lequel vous allez les accomplir avec soin. En général, au début du tour, on fait un peu ce qu'on veut, puis on croise vite les doigts pour pouvoir continuer à agir. On ajoute un petit système de réussites et d'échecs critiques histoire de corser les choses.
Pour ce qui est des actions, elles sont assez variées : courir, marcher, ramper, escalader, pirater un ordinateur, fouiller une caisse, dégainer une arme, recharger un pistolet, mâcher un chewing-gum et rester debout en même temps (euh... non, ça, je suis le seul à avoir du mal à le faire...). On peut tout faire.

Une patrouille de Mercenaires (Corvus Belli + Thomas Edimo)


Oui, d'ailleurs, on peut tout faire. Pas de caractéristiques, dans le futur. Des compétences, ça oui -- ici, on  les appelle des "talents" -- qui donnent un bonus de +1 à +3, à ajouter au résultat d'un dé à vingt faces, encore. Et on doit dépasser un seuil (10, avec des modificateurs de circonstance, que ce soit la distance, la visibilité, la qualité du matériel ou la stabilité du terrain, par exemple) pour réussir. C'est simple et précis. Un peu lourd quand les modificateurs positifs et/ou négatifs s'accumulent ("Ah! J'ai "tireur d'élite" à +2, il y a -3 à cause de la portée, +1 grâce à mon implant cyber et +2 grâce à la qualité de mon fusil laser... Donc, euh... +2... Et je fais 6 sur mon dé, ça fait 8... Meuh... Raté..."), mais simple. Les blessures et la pression entrent aussi en ligne de compte de la même façon.

"Contaaaaaact!!!!!!!!!!" 

Et quand on touche, on blesse. Pour l'endurance non plus, on n'utilise pas de caractéristique... Si un coup touche, la différence entre le résultat du dé et le score pour toucher détermine la localisation. La cible lance un D20, ajoute/soustrait les modificateurs de dommage, d'endurance, d'armure et consulte une table. Généralement, on reçoit un marqueur d'impact qui gêne les actions et les combats. On reçoit aussi des blessures d'un certain degré. Une dernière table permet de connaître les effets d'une blessure plus ou moins grave sur un membre donné... Une blessure grave à la tête, par exemple, entraîne une perte de connaissance et une mise hors de combat pour le reste de la partie. Une blessure légère à la main vous fait lâcher votre arme ou l'équipement que vous teniez. Une blessure superficielle au torse est relativement bénigne, sauf si l'adversaire perce votre combinaison et que vous êtes dans le vide stellaire... On fait ensuite un jet de moral pour vérifier que tout le monde reste pour finir la mission et ne décampe pas, ou ne se rende pas à l'ennemi. L'ensemble de cette gestion des blessures est plutôt bien faite et permet de donner un côté cinématique à vos parties. Et ça devient carrément crucial si vous décidez de jouer en campagne. 



"J'ai vu des choses que vous humains ne pourriez croire..."

Rogue Stars propose effectivement de lier chacune de vos parties entre elles avec un (petit : une page...) système de campagne. Suivant les conditions de victoire du scénario joué, vous allez gagner un certain nombre de points d'expérience à dépenser dans de nouveaux talents ou équipements qui seront plus ou moins disponibles. Les blessures et mises au tapis vont être aussi très importantes : un de vos personnages peut très bien perdre un bras, un pistolet, un morceau d'armure peut être endommagé et ne plus offrir de protection... Un de vos personnages peut même mourir (pas de panique non plus. Lorsque cela arrive, un nouveau membre prend sa place, en utilisant le même nombre de points de génération qui avait été utilisé à la base pour le premier personnage... Par contre, l'équipement et les talents accumulés  ont disparu...) des suites de ses blessures (ou capturé par la bande adverse si celle-ci fait partie des forces de l'ordre. On peut jouer la tentative de sauvetage à  la suite). Tout cela incite les joueurs à être peut-être un peu plus prudents que d'ordinaire dans la réalisation de la mission. "Hummm... Cet exo-squelette vaut-il que l'un de mes gars reste sur le carreau? BURT! Ramasse Douglas et on se tire... REPLI TOUT LE MONDE!" 

"Mais... C'est un tas de feraille!
-Ce coucou est le vaisseau le plus rapide de la galaxie, il a fait le raid de Kessel en moins de douze parsecs!"

Rogue Stars n'est certes pas un jeu révolutionnaire. Ses mécanismes sont pour la plupart déjà vus, pas toujours très subtils, voire un peu lourdingues... On est très loin, sur bien des plans, des grosses machines ludiques qui vont attirer des tonnes de joueurs sur des gros tournois. Mais le comparer à ces systèmes serait une grossière erreur. Ce n'est en effet pas le remplaçant de Warhammer 40.000, ni d'Infinity et n'a pas grand chose à voir avec le Star Wars Legion à venir. Rogue Stars est une boîte à outils comme les Anglais en utilisent beaucoup pour des époques différentes. On pense même beaucoup plus à un jeu de rôles qu'à un jeu compétitif
Le petit nombre de figurines nécessaire permet tout d'abord de limiter le boulot et le coût pour pouvoir jouer. Il en sera de même pour la relative petite surface de jeu. Et puis, qu'est-ce qui vous empêche de ressortir les vieux décors en carton de Necromunda (au passage, si je peux me permettre, je vous suggère les décors Klip N' Play... En plus, il y a du lourd qui arrive!!!! On en reparlera dans un article très bientôt!)?
L'absence d'univers décrit est loin d'être un frein, puisque justement, c'est l'occasion de jouer dans votre univers préféré (une bonne occasion d'utiliser ces quelques figurines qui vous ont fait craquer par leur look tellement cool, mais qui restent sur l'étagère parce que leur règles sont ridicules...), qu'il s'agisse d'un univers "célèbre" (Star Wars, Star Trek, The Expanse, Honnor Harrington, que sais-je...) ou d'un que vous créerez vous-même spécialement pour votre campagne.
La variété des missions et des environnements permet un renouvellement important de parties. Bon, forcément, vous allez un peu tourner en rond sur les missions. Mais l'environnement qui change presque à chaque fois ouvre de nombreuses possibilités quant aux narrations possibles...
Personnellement, étant de plus en plus réfractaire aux gros jeux "compétitifs" et ayant de plus en plus envie de retrouver des sensations "jeu de rôles" sur mes jeux de figurines, Rogue Stars est l'instrument parfait. On peut faire avec à peu près ce qu'on en veut.
Le système a quelque petits (tout petits) défauts, principalement dus à une publication rapide et un peu bâclée... C'est malheureusement une habitude chez Osprey. Les relectures sont faites au lance-pierre (ils sortent presque plus d'un jeu par mois) et le nombre fixe et limité de pages obligent les auteurs à faire des coupes et à laisser des petits morceaux de règles dans l'obscurité, et on se retrouve parfois un peu perdu (les conditions de victoire de certaines missions, par exemple, sont plus que floues. A ce niveau, c'est plus du brouillard, c'est une lande écossaise de nuit en plein hiver...). Mais le système, s'il n'est pas des plus subtils et des plus élégants, est tellement intuitif que le moindre figuriniste vétéran n'aura aucun problème à démêler les soucis... Oui, il faudra mettre un peu les mains dans le cambouis au niveau des règles de campagne qui sont presque insuffisantes (et comme toutes règles de campagne, risquent de créer un déséquilibre grave dans les rapports de force entre les participants). Au pire, l'auteur répond lui-même aux questions (en anglais) que vous pourriez vous poser sur le groupe Facebook Rogues Stars Fan Page (sur lequel on peut trouver plein de matériel gratuit supplémentaire : fiches de gangs, planches de marqueurs à imprimer, FAQ et errata,...). Il prépare d'ailleurs actuellement un supplément qui sera publié par sa propre boîte d'édition (Ganesha Miniatures).
Très déçu par Infinity, et ayant mis 40.000 mis de côté, il me manquait un système narratif  pour jouer dans des univers de science-fiction. Rogue Stars est parfait pour ça, et je me surprend souvent maintenant, à me dire : "Tiens, et si on essayait de se faire tel genre d'histoire?" Avec mes joueurs habituels, non seulement nous allons recommencer une campagne pour la rentrée, mais nous avons même bricolé de petites règles en utilisant celles de X-Wing pour simuler les phases "combat spatial" de notre campagne Rogue Stars...
Un bon jeu (à travailler, certes) qui m'a bien emballé et qui a désormais une place de choix dans ma figoludothèque..








P.S. : La VF?
Arrrgh, j'espérais que vous n'alliez pas posez la question...
En fait, l'ami Bruno Galice, boss de chez Via Ludibundia a acheté les droits pour une VF. VL proposait même une préco. Le tout devait sortir en janvier 2017. Mais l'aventure spatiale en VF s'est perdue dans le warp, et pour diverses raisons, la pauvre VF n'a pas concrètement vu le jour (ce qui a créé bien des polémiques sur plusieurs groupes dédiés à la figurine sur Facebook). Vu mon métier, je me passe bien volontiers de cette VF, et je joue depuis la sortie du jeu en anglais sans aucun problème. Même si je suis personnellement un peu remonté contre cette tendance de mes concitoyens à ne pas faire d'effort sur les jeux non traduits, je peux comprendre la frustration de certains. Malheureusement, pour l'instant, le jeu n'existe qu'en anglais... En espérant que les choses s'arrangent dans un futur que j'espère proche.

(Pour ce qui est de l'affaire Bruno/Rogue Stars, je ne rentrerai dans aucune polémique... Bruno est un ami. Mais il faut dire les choses comme elles sont, il a merdé sévère, sur le coup. S'il le souhaite, je veux même bien lui laisser une place dans la section commentaires pour s'expliquer lui-même. Si vous vous sentez lésé par ce qui est arrivé, je vous laisserai même vous exprimer, vous aussi, à condition que vous restiez correct, et que vous gardiez une quelconque accusation pour vous. Je ne supporte ni la lâcheté trop souvent induite par le relatif anonymat procuré par internet, ni par la volonté de certains de chasser en meute... Ne supportant pas les brutes de cours de récré, je supprimerai systématiquement tout commentaire partial, grossier, ordurier, calomniateur ou de parti pris à charge ou à décharge! Vous êtes prévenus!)